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La Loi DuflotLa loi Duflot expliquée

Loi Duflot à Nantes : zone B1, plafonds, quartiers et sortie des derniers engagements

Loi Duflot à Nantes : zone B1, plafonds, quartiers et sortie des derniers engagements

Rappel : aucun achat nantais ne peut plus ouvrir droit au Duflot, réservé aux opérations réalisées entre janvier 2013 et août 2014 selon la fiche Service-Public.fr F31151 (vérifiée le 11 mars 2026). Les plafonds de la zone B1 décrits plus bas ne s'appliquent plus qu'aux derniers logements de la métropole encore sous engagement.

Investir en loi Duflot à Nantes, entre 2013 et 2014, ouvrait une réduction d'impôt de 18 % sur neuf ans : logement neuf en zone B1, loyer et ressources du locataire plafonnés, puis le dispositif Pinel a pris le relais de cet investissement immobilier.

Zonage
La ville de Nantes et sa première couronne relevaient de la zone B1, zone tendue éligible de plein droit à la loi Duflot.
Avantage fiscal
18 % du prix de revient, retenu dans la limite de 300 000 euros et de 5 500 euros par m², soit 2 % par an pendant neuf ans.
En 2026
Les engagements signés en 2013 et 2014 arrivent à leur terme : le propriétaire nantais choisit entre conserver, relouer librement ou revendre.

Comment fonctionnait la loi Duflot à Nantes ?

Le dispositif Duflot est né de la loi de finances pour 2013 et figure à l'article 199 novovicies du Code général des impôts. Il visait les achats réalisés du 1er janvier 2013 au 31 août 2014 : logement neuf, logement en l'état futur d'achèvement (VEFA), local transformé en habitation ou logement réhabilité. Le contribuable devait louer le bien nu, à titre de résidence principale du locataire, pendant neuf ans au minimum, en respectant un plafond de loyer et un plafond de ressources du locataire.

La mécanique était la même partout en France ; ce qui changeait d'une ville à l'autre, c'était la zone, donc le loyer autorisé. À Nantes, l'investisseur profitait d'un marché locatif profond, d'une population étudiante nombreuse et d'une métropole en croissance, autant d'atouts qui rendaient le respect des plafonds moins pénalisant que dans une petite ville où la demande se tarit vite.

Le logement devait aussi respecter un niveau de performance énergétique : label BBC 2005 pour les permis déposés avant 2013, réglementation thermique RT 2012 ensuite. Pour une vente en l'état futur d'achèvement, l'achèvement devait intervenir dans les trente mois suivant la déclaration d'ouverture du chantier. La mise en location, enfin, devait suivre l'achèvement ou l'achat dans un délai de douze mois.

Un même foyer ne pouvait réaliser que deux investissements Duflot par an, dans la limite globale de 300 000 euros. Cette règle a pesé sur les montages des investisseurs nantais qui envisageaient d'acheter plusieurs studios dans une même résidence étudiante : au-delà de deux logements dans l'année, le surplus ne donnait droit à aucune réduction.

Nantes en zone B1 : ce que le zonage changeait

Le zonage A/B/C classe les communes selon la tension entre l'offre et la demande de logements. La loi Duflot ouvrait de plein droit les zones A bis, A et B1, réservait la zone B2 aux communes qui obtenaient un agrément du préfet de région et excluait la zone C. Nantes, comme une grande partie des communes de Nantes Métropole (Saint-Herblain, Rezé, Orvault, Saint-Sébastien-sur-Loire), figurait en zone B1 au moment du dispositif.

Pour un investisseur, être en B1 plutôt qu'en A revenait à accepter un plafond de loyer plus bas, mais aussi des prix d'achat sans commune mesure avec ceux de l'Île-de-France. Le rendement locatif d'un logement nantais restait donc comparable, voire supérieur, à celui d'un logement parisien soumis au plafond de la zone A bis. La répartition commune par commune se lit sur la carte des zones éligibles et de leurs plafonds.

La notion de zone tendue recouvre les agglomérations où la demande de logements dépasse nettement l'offre. Nantes en fait partie, ce qui explique son classement favorable : le zonage sert à favoriser la construction là où les besoins sont les plus forts, et à éviter les programmes neufs dans des villes moyennes où la location trouve moins preneur.

ZoneExemplesÉligibilité Duflot
A bisParis et communes limitrophesDe plein droit
AReste de l'agglomération parisienne, Côte d'Azur, Genevois françaisDe plein droit
B1Nantes, Lyon, Bordeaux, Toulouse et leurs agglomérationsDe plein droit
B2Villes moyennes de Loire-Atlantique et d'ailleursSur agrément préfectoral
CCommunes ruralesExclue

Hors de la métropole, plusieurs communes de Loire-Atlantique et des Pays de la Loire relevaient de la zone B2. Un programme neuf y restait possible, mais seulement si la commune avait reçu l'agrément, ce qui a limité l'offre Duflot à quelques villes moyennes. Sur le littoral, de La Baule-Escoublac au pays de Retz (Pornic, Préfailles, La Bernerie-en-Retz), comme dans le vignoble de Goulaine ou vers la Vendée voisine, la situation variait d'une commune à l'autre, et une agence immobilière locale en savait souvent plus que la documentation commerciale du promoteur. Pour la plupart des investisseurs de la région, Nantes et sa première couronne concentraient donc l'essentiel des opérations.

Plafonds de loyer et de ressources des locataires nantais

Le loyer d'un logement Duflot ne se fixait pas librement. Le plafond de la zone B1 dépassait légèrement 10 euros par m² en 2014 ; il était revalorisé chaque 1er janvier. Ce montant se multipliait par un coefficient égal à 0,7 + 19 / surface, plafonné à 1,2, la surface retenue étant la surface habitable augmentée de la moitié des annexes, dans la limite de 8 m². Le coefficient avantageait les petites surfaces : un studio de 25 m² supportait un loyer au m² plus élevé qu'un T4 de 80 m².

Le locataire, de son côté, devait disposer de revenus inférieurs à un plafond fixé selon la zone et la composition du foyer, apprécié sur le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année. À Nantes, ces seuils laissaient une large part des ménages éligibles : étudiants, jeunes actifs, couples avec un enfant. Le contrôle se faisait à la signature du bail, pas en cours de location : un locataire dont les revenus augmentaient ensuite pouvait rester.

Le calcul du plafond de loyer par zone avec son coefficient multiplicateur se fait en quelques lignes, avec des exemples par surface. Dans les quartiers centraux de Nantes, le loyer de marché d'un studio dépassait souvent le plafond Duflot, si bien que le propriétaire renonçait à une partie du loyer possible en échange de la réduction d'impôt. Dans les quartiers périphériques, l'écart était faible, parfois nul.

Le dispositif interdisait de louer à un membre du foyer fiscal, et la loi Duflot excluait aussi la location aux ascendants et descendants, à la différence du dispositif Pinel à partir de 2015. Un parent qui souhaitait loger son enfant étudiant dans un logement Duflot nantais perdait donc l'avantage fiscal.

Réduction d'impôt : ce que l'investisseur récupérait

La réduction d'impôt atteignait 18 % du prix de revient du logement, c'est-à-dire le prix d'achat augmenté des frais d'acquisition (notaire, taxe, commission). Elle s'étalait par parts égales sur neuf ans, soit 2 % par an. Avec la limite de 300 000 euros, le maximum dont un foyer pouvait bénéficier atteignait 54 000 euros, soit 6 000 euros par an. Le prix de revient était également retenu dans la limite de 5 500 euros par m² de surface habitable.

Cet avantage fiscal entrait dans le plafonnement global des niches fiscales, fixé à 10 000 euros par foyer et par an. Pour un contribuable qui cumulait déjà un emploi à domicile et d'autres réductions, l'impôt économisé grâce au logement nantais pouvait donc être rogné. La fraction non utilisée ne se reportait pas sur les années suivantes : un contribuable dont l'impôt sur le revenu était inférieur à la réduction perdait la différence.

La réduction se déclarait chaque année sur le formulaire 2044 EB l'année de l'achèvement ou de l'achat, puis sur la déclaration de revenus. Les loyers perçus restaient imposables dans la catégorie des revenus fonciers, au micro-foncier ou au régime réel. Le régime réel permettait de déduire les intérêts d'emprunt, la taxe foncière et les frais de gestion, ce qui allégeait l'imposition des loyers.

Un conseiller en gestion de patrimoine rappelait souvent aux clients de Nantes, investisseurs en immobilier neuf, que la défiscalisation ne devait pas masquer la qualité du bien : un logement mal situé, acheté au-dessus de sa valeur, coûtait plus cher à la revente que la réduction d'impôt ne rapportait. L'avantage fiscal était un complément, pas une justification.

Où les investisseurs ont acheté dans la métropole nantaise

Les programmes Duflot de Nantes se sont concentrés dans les quartiers en mutation, là où les promoteurs disposaient de foncier constructible. Chacun avait un profil de locataire différent, ce qui orientait le choix de la surface.

  • Île de Nantes : le grand projet urbain de la ville, sur d'anciens terrains industriels et portuaires, mêle logements, bureaux, écoles et équipements culturels. Les programmes neufs y ont attiré des actifs et des étudiants des écoles installées sur l'île.
  • Euronantes et le quartier de la gare : la proximité du TGV et des bureaux a favorisé les T2 loués à des cadres.
  • Malakoff-Saint-Donatien : en rénovation urbaine, avec des appartements neufs et une bonne desserte en tramway.
  • Doulon-Bottière : à l'est, des opérations familiales à des prix d'achat plus contenus.
  • Saint-Herblain et Rezé : en première couronne, au sud de la Loire pour Rezé, des T3 et T4 recherchés par les familles.

La demande locative nantaise repose sur plusieurs piliers : une université et de grandes écoles qui accueillent des dizaines de milliers d'étudiants, un bassin d'emploi tourné vers l'aéronautique, la construction navale à Saint-Nazaire et le numérique, et une liaison ferroviaire rapide avec Paris. Ces fondamentaux ont limité la vacance locative pour les logements bien placés, sans la supprimer pour les résidences trop éloignées du tramway.

Le marché immobilier nantais a nettement progressé entre 2014 et le début des années 2020, puis s'est retourné avec la hausse des taux de crédit en 2023. Un propriétaire qui revend aujourd'hui ne retrouve donc pas forcément le niveau des années les plus hautes : la plus-value dépend du quartier, de l'état du bien et de la date de l'achat.

Duflot ou Pinel à Nantes : ce qui a changé en septembre 2014

Le dispositif Pinel a pris le relais de la loi Duflot pour les achats réalisés à partir du 1er septembre 2014. Il en reprenait la structure (logement neuf, zonage, plafonds de loyer et de ressources) mais assouplissait trois points qui avaient freiné les ventes. Pour le détail critère par critère, voir la différence entre Duflot et Pinel.

CritèreLoi DuflotLoi Pinel
Période d'achat1er janvier 2013 au 31 août 20141er septembre 2014 au 31 décembre 2024
Durée de location9 ans, sans prolongation6, 9 ou 12 ans au choix
Taux de réduction18 % sur 9 ansVariable selon la durée et l'année d'achat
Location à un parentInterditeAutorisée hors foyer fiscal

À Nantes, le passage au Pinel a relancé les ventes de programmes neufs : la souplesse de la durée et la possibilité de loger un enfant étudiant ont séduit des investisseurs qui avaient boudé le Duflot. Le Pinel a lui-même pris fin le 31 décembre 2024 ; un achat réalisé en 2025 ne donne plus droit à aucune réduction à ce titre. Investir en loi Pinel n'est donc plus possible, et les nouveaux achats relèvent d'autres régimes, dont le dispositif dit Jeanbrun pour les acquisitions réalisées depuis le 21 février 2026.

Le dispositif Jeanbrun vise les achats réalisés du 21 février 2026 au 31 décembre 2028, avec un engagement de location de neuf ans. Il s'ouvre aussi à l'ancien, à condition que les travaux représentent au moins 30 % du prix de revient. Pour un investisseur nantais, le Jeanbrun déplace donc l'intérêt vers les immeubles anciens à rénover, quand le Duflot ne regardait presque que le neuf. Avant de s'engager, vérifier les conditions en vigueur sur les sites officiels reste le moyen le plus sûr d'en bénéficier : le Jeanbrun est récent et ses textes d'application peuvent encore évoluer.

Les travaux tenaient d'ailleurs une place réduite dans la loi Duflot. Ils n'entraient en jeu que pour les locaux transformés en logement ou les logements réhabilités, avec des travaux devant rendre le bien conforme aux critères d'un logement neuf. À Nantes, ces opérations sur immeuble ancien sont restées rares : les promoteurs privilégiaient les programmes neufs sur des terrains libérés, plus simples à commercialiser. Le Jeanbrun inverse cette logique en faisant des travaux de rénovation le cœur du montage, avec un maximum de prix de revient à respecter comme sous le Duflot.

Quel bilan pour la loi Duflot en France ?

Le dispositif porte le nom de Cécile Duflot, alors ministre de l'Égalité des territoires et du Logement, issue d'Europe Écologie Les Verts, dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre avait été maire de Nantes de 1989 à 2012, un lien qui a souvent été rappelé dans la presse locale, sans effet particulier sur le zonage de la ville. La même ministre a porté la loi Alur de mars 2014, qui a réformé les rapports locatifs et la copropriété.

Le Duflot n'a vécu qu'une vingtaine de mois. Les promoteurs lui reprochaient des plafonds de loyer jugés trop bas dans les zones B1, un engagement rigide et l'interdiction de louer à la famille. Le volume de ventes est resté en dessous de celui du dispositif Scellier qui le précédait, ce qui a conduit le gouvernement de Manuel Valls à le transformer en Pinel. Le bilan national est donc celui d'un dispositif de transition, plus social dans son esprit, moins attractif pour les investisseurs.

Pour Nantes, la période Duflot correspond à la fin du premier mandat de Jean-Marc Ayrault à l'échelle nationale et à l'élection de Johanna Rolland à la mairie en 2014, au second tour des municipales. La politique locale du logement a continué de favoriser la production de logements neufs, avec une part importante de logement social et abordable dans les nouveaux quartiers, ce qui a encadré la place laissée à l'investissement locatif privé.

Propriétaire Duflot à Nantes en 2026 : que faire à la fin de l'engagement ?

Un logement acheté en 2013 ou 2014 et mis en location dans les mois suivants voit son engagement de neuf ans s'achever entre 2022 et 2025 environ, selon la date d'achèvement et de mise en location. En 2026, la grande majorité des propriétaires Duflot nantais sont donc libérés de leurs obligations. Contrairement au Pinel, la loi Duflot ne prévoyait aucune prorogation de l'engagement pour prolonger la réduction d'impôt.

Conserver et relouer librement

Le propriétaire peut garder le logement et le louer sans plafond de loyer ni condition de ressources du locataire, dans le respect des règles de droit commun : bail, diagnostics, décence du logement, critères de performance énergétique. Les loyers restent imposés dans les revenus fonciers. À Nantes, le loyer de marché d'un petit logement bien placé dépasse souvent l'ancien plafond Duflot, ce qui améliore la rentabilité nette.

Revendre le bien

La revente après la fin de l'engagement ne remet pas en cause la réduction déjà obtenue. La plus-value éventuelle est taxée selon le régime des plus-values immobilières, avec des abattements liés à la durée de détention. Le prix de vente dépend du quartier et de l'état du logement ; un programme de 2014 doit déjà être entretenu (façades, parties communes, équipements de chauffage). Sur un marché de zone A bis, la sortie obéit à d'autres équilibres, comme le montre l'exemple de la loi Duflot à Paris.

Une revente avant la fin des neuf ans, en revanche, entraîne la reprise des réductions d'impôt déjà imputées, sauf exceptions prévues par la loi (invalidité, licenciement, décès du contribuable ou de son conjoint). Ce cas concerne surtout les achats les plus tardifs, dont l'engagement court encore pour quelques mois.

Et aujourd'hui, quelles options pour un ancien Duflot nantais ?

Un propriétaire nantais libéré de ses neuf ans relève du droit commun de la location. En nu, le micro-foncier s'applique sous 15 000 € de loyers par an avec un abattement de 30 %, et le régime réel ouvre un déficit imputable jusqu'à 10 700 € par an sur le revenu global (fiche Service-Public.fr F1991), mécanisme détaillé dans la page qui explique comment imputer un déficit foncier sur un logement Duflot.

Meubler un studio de l'Île de Nantes pour la clientèle étudiante fait basculer les loyers en micro-BIC, avec un abattement de 50 % sous 77 700 € de recettes pour les revenus 2025, d'après la fiche F32744.

Duflot nantais : trois situations qui reviennent chez les propriétaires

Le locataire part avant la fin des neuf ans : que se passe-t-il ?

Le propriétaire dispose de douze mois pour relouer le logement à un nouveau locataire éligible, au loyer plafonné. Une vacance plus longue fait perdre la réduction d'impôt. Dans les quartiers étudiants de Nantes, le délai de relocation reste en général très inférieur à cette limite.

Peut-on cumuler la loi Duflot avec un déficit foncier ?

Oui, sous conditions : les travaux pris en compte dans le prix de revient ne peuvent pas être déduits une seconde fois. Les charges courantes (intérêts, taxe foncière, assurance) restent déductibles des loyers au régime réel, et peuvent créer un déficit imputable sur le revenu global dans la limite légale.

Le logement nantais est-il encore soumis au plafond de loyer après neuf ans ?

Non, le plafond Duflot cesse de s'appliquer à la fin de l'engagement. Le propriétaire fixe le loyer du nouveau bail librement, sous réserve des règles applicables à la révision du loyer en cours de bail et des éventuelles règles locales d'encadrement.

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