En bref : le prêt contracté pour un logement Duflot survit à la réduction d'impôt, qui ne concerne que les opérations réalisées entre janvier 2013 et août 2014 d'après la fiche Service-Public.fr F31151, vérifiée le 11 mars 2026. Aucun nouvel emprunt ne peut financer aujourd'hui un achat Duflot ; seules la renégociation et la déduction des intérêts gardent un enjeu.
Aucun crédit immobilier loi Duflot n'ouvre de réduction d'impôt supplémentaire : l'avantage fiscal de 18 % se calcule sur le prix de revient du logement neuf, qu'il soit payé comptant ou financé par un prêt immobilier. Pour l'investissement locatif réalisé sous cette loi, en zone tendue et avec un locataire sous conditions de ressources, l'emprunt agit sur les revenus fonciers, le taux payé et la revente, et il survit en 2026 à une loi fermée depuis 2014.
La loi Duflot a couvert les acquisitions réalisées du 1er janvier 2013 au 31 août 2014 ; les engagements de location de neuf ans sont donc arrivés à terme, alors que beaucoup de prêts courent encore sur 20 ou 25 ans.
Le crédit ne change pas le montant de la réduction d'impôt, mais ses intérêts, son assurance et ses frais se déduisent des loyers au régime réel, ce qui pèse sur l'imposition du bien pendant toute la durée du prêt.
Pourquoi l'emprunt ne modifie pas la réduction d'impôt Duflot
La loi Duflot, codifiée à l'article 199 novovicies du Code général des impôts, accordait à l'investisseur une réduction d'impôt de 18 % (29 % outre-mer) du prix de revient du logement, étalée par neuvièmes sur neuf années, soit 2 % par an en métropole. Le prix de revient comprend le prix d'acquisition et les frais liés : frais de notaire, droits d'enregistrement, commission éventuelle. Le mode de financement n'y figure pas. Un acheteur qui règle comptant et un acheteur qui emprunte la totalité obtiennent exactement la même réduction d'impôt de 18 % étalée sur neuf ans, pour un même logement.
La base retenue reste plafonnée à 300 000 € par contribuable et par année, dans la limite de 5 500 € par mètre carré de surface habitable, avec deux logements au plus la même année. Ces plafonds s'appliquent au prix de revient, jamais au montant du prêt : un financement plus long ou plus lourd ne relève pas la limite. La réduction entre enfin dans le plafonnement global des niches fiscales, fixé à 10 000 € par foyer et par an.
Le crédit immobilier joue donc un rôle de trésorerie, pas de défiscalisation directe, quel que soit le taux obtenu. Il permet de conserver son épargne, de répartir l'effort sur la durée de l'engagement de location et de faire porter une partie du coût par les loyers. L'effet de levier existe, mais il tient au rendement locatif comparé au coût du prêt, pas au dispositif fiscal lui-même. C'est ce point qu'il faut garder en tête avant de lire une simulation de promoteur qui additionne réduction Duflot et déduction des intérêts comme si les deux avantages provenaient de la même source.
Intérêts, assurance, frais de dossier : ce qui se déduit des loyers
Le régime micro-foncier est incompatible avec la réduction Duflot : le propriétaire déclare ses loyers au régime réel, sur la déclaration 2044. Ce régime ouvre la déduction des charges liées au financement du logement, qui constituent souvent le premier poste de charges les premières années, quand la part d'intérêts dans chaque mensualité est la plus forte.
- Les intérêts d'emprunt, y compris les intérêts intercalaires versés pendant la construction en VEFA, lorsque la banque débloque les fonds au fil des appels du promoteur.
- Les primes d'assurance de prêt, qu'il s'agisse du contrat groupe de la banque ou d'une assurance emprunteur déléguée.
- Les frais d'emprunt : frais de dossier, commission de caution ou frais d'hypothèque, frais de courtier liés au financement.
- Les indemnités de remboursement anticipé payées lors d'une renégociation ou d'un rachat de crédit destiné à refinancer le même bien.
Le capital remboursé, lui, ne se déduit jamais : il constitue l'épargne que l'investisseur reconstitue sous forme de patrimoine immobilier. La fraction des charges qui dépasse les loyers crée un déficit foncier. Les intérêts d'emprunt ne s'imputent que sur les revenus fonciers des dix années suivantes, alors que les autres charges peuvent réduire le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Les règles d'articulation entre ces deux mécanismes et la réduction Duflot sont détaillées dans la page consacrée à la manière d'imputer un déficit foncier sans perdre la réduction.
Cette déduction n'est pas un second avantage fiscal propre au dispositif : tout bailleur au régime réel en bénéficie, avec ou sans Duflot, Pinel ou Scellier. Elle diminue l'imposition des loyers, ce qui améliore le rendement net du placement immobilier, mais elle suppose que le bien soit loué et produise des revenus à imposer.
Choisir la durée et la forme du prêt pour un logement neuf
À l'époque des acquisitions Duflot, la majorité des investisseurs ont souscrit un prêt amortissable classique sur 15 à 25 ans. Depuis, les règles d'octroi ont changé : la décision du Haut Conseil de stabilité financière, contraignante pour les banques depuis le 1er janvier 2022, limite le taux d'effort à 35 % des revenus, assurance comprise, et la durée à 25 ans, portée à 27 ans pour un logement neuf avec différé d'amortissement. Ces conditions s'appliquent aujourd'hui à quiconque rachète ou refinance le prêt d'un ancien logement Duflot.
Prêt amortissable ou prêt in fine
Le prêt amortissable rembourse le capital à chaque échéance : les intérêts diminuent d'année en année, la déduction fiscale aussi. Le prêt in fine laisse le capital intact jusqu'au terme, adossé le plus souvent à une assurance vie nantie : les intérêts restent constants et entièrement déductibles, mais leur montant total est plus élevé et la banque exige un apport placé. Pour un logement acquis dans le cadre d'une défiscalisation sur neuf ans, le prêt in fine maximise les charges déductibles ; le prêt amortissable réduit le coût du crédit et le risque à la revente.
Durée et effort d'épargne
Allonger la durée baisse la mensualité mais augmente le coût total des intérêts. Le bon réglage est celui qui laisse un effort mensuel supportable une fois les loyers encaissés et la réduction d'impôt annuelle intégrée à la trésorerie. Un écueil fréquent des montages Duflot tient au décalage dans le temps : la réduction n'est perçue qu'au moment de l'avis d'imposition suivant, alors que la mensualité court dès le déblocage des fonds, parfois avant même la livraison du logement neuf.
Construire, réhabiliter ou acheter sur plan : le prêt suit les travaux
La loi Duflot ne visait pas seulement l'achat en VEFA. Elle couvrait aussi le logement que le contribuable faisait construire, le local transformé en logement et le logement ancien ayant fait l'objet de travaux de réhabilitation le rendant conforme aux normes d'un logement neuf. Dans chacun de ces cas, le déblocage du crédit immobilier suit l'avancement des travaux, et la loi fixait des délais à respecter : un achèvement dans les 30 mois suivant la signature de l'acte en VEFA, ou suivant l'obtention du permis de construire pour une construction. La déclaration d'achèvement des travaux, déposée en mairie après le permis de construire, faisait foi pour vérifier ce délai, et la banque n'appelait le solde du prêt immobilier qu'à l'achèvement constaté. Investir en France métropolitaine ou outre-mer obéissait au même calendrier ; seuls le taux de réduction et les plafonds de loyer changeaient. Un retard de chantier imputable au promoteur pouvait donc mettre en cause l'investissement entier, alors que les intérêts intercalaires couraient déjà.
Pour un logement à réhabiliter, la base de la réduction comprenait le prix d'acquisition et le montant des travaux ; le prêt finançait souvent les deux, avec des appels de fonds liés aux factures des entreprises. Ce schéma diffère de la loi Malraux, où l'avantage porte sur les seuls travaux de restauration d'un immeuble ancien en secteur protégé : deux logiques de financement à ne pas confondre lorsqu'un conseiller propose d'investir dans l'ancien.
Zone, loyer et locataire : ce que la banque regardait
La zone du logement conditionnait à la fois l'éligibilité et le plafond de loyer : zone A bis (Paris et une partie de la petite couronne), zone A (agglomération parisienne, Côte d'Azur, Genevois français), zone B1 (grandes agglomérations et une partie de la grande couronne), zone B2 seulement dans les communes ayant reçu un agrément. Le loyer plafonné réduisait le revenu retenu par la banque pour calculer la capacité d'emprunt, et le locataire devait respecter un plafond de ressources. Un investisseur qui achetait dans une commune où le loyer de marché dépassait nettement le plafond Duflot acceptait un rendement inférieur au marché libre, compensé par la réduction d'impôt : c'est sur cet arbitrage, plus que sur le taux du prêt, que se jouait la rentabilité.
Prêt Duflot et fiscalité : trois points souvent mal compris
Fallait-il emprunter pour bénéficier de la loi Duflot ?
Non, le financement n'entrait pas dans les conditions d'éligibilité. Le dispositif exigeait un logement neuf ou en VEFA situé en zone A, A bis ou B1 (B2 sur agrément), un niveau de performance énergétique BBC 2005 ou RT 2012, une location nue à titre de résidence principale pendant neuf ans, et le respect des plafonds de loyer et de ressources du locataire. Le crédit était un choix de gestion, pas une obligation.
Peut-on louer à un ascendant ou un descendant pour rembourser le prêt ?
Pas sous la loi Duflot. Contrairement au dispositif Pinel, qui l'a autorisé à partir de 2015, la location à un membre du foyer fiscal, à un ascendant ou à un descendant était exclue. Un investisseur qui l'aurait fait pendant l'engagement s'exposait à la reprise de la réduction d'impôt.
Les intérêts restent-ils déductibles après les neuf ans ?
Oui, tant que le logement est loué nu et déclaré au régime réel. La fin de la réduction d'impôt ne supprime pas la déduction des intérêts ; elle permet en revanche de revenir au micro-foncier si les loyers restent sous 15 000 € par an, ce qui n'est intéressant que lorsque les charges réelles deviennent faibles.
Comparer les offres et renégocier un crédit en cours
Pour un prêt immobilier souscrit en 2013 ou 2014, deux leviers restent ouverts en 2026. Le premier est l'assurance emprunteur, que la loi a progressivement ouverte à la concurrence : la loi Lagarde de 2010 a ouvert la délégation à un assureur externe dès la souscription, et la loi Lemoine permet depuis le 1er juin 2022 de résilier son contrat à tout moment, sans frais, au profit d'une offre à garanties équivalentes. Sur un crédit long, l'écart de coût entre contrat groupe et délégation peut être sensible, et la prime nouvelle reste déductible des revenus fonciers.
Le second levier est la renégociation ou le rachat de crédit, à comparer selon le taux annuel effectif global (TAEG), seul indicateur qui intègre intérêts, assurance et frais. Les indemnités de remboursement anticipé sont plafonnées par le Code de la consommation au plus faible de deux montants : six mois d'intérêts sur le capital remboursé ou 3 % du capital restant dû. L'intérêt d'une opération dépend de l'écart entre le taux d'origine et celui du marché, du capital restant et de la durée qui reste à courir. Un courtier en crédit immobilier peut mettre plusieurs banques en concurrence ; sa rémunération, liée au financement, entre dans les frais déductibles.
Côté durée, la prudence s'impose : en allongeant la durée pour réduire la mensualité, l'investisseur prolonge la période pendant laquelle il paie des intérêts, ce qui peut effacer le gain de taux. La comparaison se fait toujours sur le coût total restant, frais compris.
Après la fin de l'engagement : garder, renégocier ou vendre
Toutes les acquisitions Duflot ayant eu lieu avant le 1er septembre 2014, date du passage au dispositif Pinel, l'engagement de location de neuf ans est aujourd'hui échu : la loi Duflot ne prévoyait pas de prorogation, contrairement à son successeur. Le propriétaire retrouve la liberté de fixer le loyer, de choisir son locataire et de vendre sans reprise de l'avantage fiscal. Les options juridiques et fiscales de cette étape sont présentées dans la page sur la fin de l'engagement de neuf ans ; leur effet sur le crédit se résume ainsi.
| Option | Effet sur le prêt | Point fiscal à surveiller |
|---|---|---|
| Conserver et louer librement | Le prêt continue aux conditions d'origine | Intérêts toujours déductibles au régime réel ; loyer libéré des plafonds |
| Renégocier ou faire racheter | Nouveau taux, indemnités plafonnées par la loi | Indemnités et frais du nouveau prêt déductibles |
| Vendre le logement | Remboursement anticipé du capital restant dû | Plus-value taxée à 19 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, abattements selon la durée de détention |
| Occuper ou loger un proche | Le prêt continue, sans loyer pour le couvrir | Plus de revenus fonciers : les intérêts ne se déduisent plus |
En cas de vente, la plus-value immobilière n'est exonérée d'impôt sur le revenu qu'après 22 ans de détention et de prélèvements sociaux qu'après 30 ans ; pour un bien acquis en 2013 ou 2014, les abattements pour durée de détention sont encore partiels. Les indemnités de remboursement anticipé ne sont pas dues lorsque la vente fait suite à un changement de lieu d'activité professionnelle, au décès de l'emprunteur ou à la cessation forcée de son activité. Dans les autres cas, elles s'ajoutent aux frais de cession et doivent être intégrées au calcul de rentabilité.
Et aujourd'hui, à quoi sert le prêt d'un ancien logement Duflot ?
Le capital restant dû finance désormais un bien loué sous le droit commun. Au régime réel, ses intérêts s'imputent sur les revenus fonciers et, pour la part qui les dépasse, sur ceux des 10 années suivantes ; seul le déficit hors intérêts descend sur le revenu global, dans la limite de 10 700 € par an, selon la fiche Service-Public.fr F1991.
Un propriétaire qui solde son prêt pour racheter dans l'ancien regardera le Denormandie, ouvert jusqu'au 31 décembre 2027 (fiche F35011), dont la logique de travaux n'a rien à voir avec le prix de revient d'un Duflot.
Duflot, Pinel, Scellier : un même raisonnement de financement
Le dispositif Scellier, qui a précédé la loi Duflot, et le dispositif Pinel, qui lui a succédé jusqu'au 31 décembre 2024, reposaient sur la même logique : une réduction d'impôt calculée sur le prix de revient, indépendante du crédit, et des charges d'emprunt déductibles des loyers au régime réel. Le Pinel a seulement ajouté une durée d'engagement modulable de six, neuf ou douze ans et la possibilité de louer à un ascendant ou un descendant. Un investisseur qui détient plusieurs biens issus de ces dispositifs peut donc les analyser avec la même grille : rendement locatif net de charges, coût du crédit restant, fiscalité de la revente.
Pour un propriétaire qui a acquis son logement en 2013, la question n'est plus de savoir si le crédit immobilier optimise la défiscalisation, mais si le prêt restant pèse plus lourd que le loyer qu'il finance. Faire le point avec son conseiller ou un courtier sur le taux du prêt immobilier restant permet de trancher entre garder, refinancer ou céder. Les lois de défiscalisation immobilière se sont succédé (loi Scellier, loi Duflot, loi Pinel, loi Malraux pour l'ancien, loi Denormandie) ; aucune n'a fait du crédit la source de l'avantage, toutes ont laissé l'investissement immobilier locatif financé par emprunt sous le droit commun des revenus fonciers. Les cas particuliers (SCI, donation, déclaration annuelle) sont regroupés dans les questions fréquentes sur la loi Duflot, mises à jour avec la fin du dispositif.
















